
Raydium est un protocole d’échange décentralisé sur Solana qui permet d’échanger des tokens, de fournir de la liquidité et de lancer de nouveaux actifs avec LaunchLab. Son token natif, RAY, possède une économie distincte de celle de SOL : une partie des frais de trading du protocole sert notamment à financer des rachats de RAY.
Le sujet mérite donc davantage qu’une lecture du cours. Pour comprendre cette infrastructure de la DeFi, il faut distinguer trois éléments : les services utilisés par les traders, les mécanismes qui rémunèrent les fournisseurs de liquidité et les facteurs qui peuvent soutenir ou fragiliser le token. Un protocole très actif et un investissement rentable ne sont pas automatiquement la même chose.
Article mis à jour le . Les mécanismes décrits s’appuient sur la documentation officielle consultée à cette date. Les frais, paramètres et fonctionnalités peuvent évoluer.
L’essentiel à retenir
Solana est la blockchain, Raydium est un protocole et RAY est son token. Utiliser le DEX ne nécessite pas de détenir RAY. Les rachats créent un lien économique avec les frais de trading, mais ils ne constituent ni un dividende ni une garantie de rendement. LaunchLab facilite les lancements de tokens sans certifier la qualité des projets.
Qu’est-ce que Raydium ?
Raydium est un DEX, ou exchange décentralisé, reposant sur des programmes exécutés sur Solana. Ses pools permettent aux utilisateurs d’échanger des actifs sans déposer leurs fonds sur un compte de trading centralisé.
Le protocole rassemble plusieurs fonctions : échanges au comptant, pools de liquidité et infrastructure de lancement de tokens. L’interface officielle donne accès à ces services. Elle est le point d’entrée visible, tandis que les transactions et les positions sont enregistrées sur la blockchain.
Le terme « non custodial » demande une précision : conserver les clés de son portefeuille ne signifie pas que des fonds déposés dans un pool restent hors de portée d’un risque technique. Une fois engagés dans un contrat, ces actifs dépendent du fonctionnement de ce programme.
Le token RAY doit également être distingué des milliers de tokens susceptibles d’être échangés dans les pools. Acheter un actif disponible sur ce DEX ne revient pas à investir dans le protocole lui-même.
Pourquoi Raydium fonctionne-t-il sur Solana ?
Raydium utilise Solana comme infrastructure d’exécution et de règlement de ses transactions. SOL intervient notamment pour payer les frais du réseau ; RAY correspond au token du protocole.
Cette distinction permet de comprendre les différents niveaux de l’écosystème. La blockchain accueille les programmes, les wallets permettent de signer les opérations et les applications proposent des services à partir de ces programmes.
Dans un environnement DeFi, les utilisateurs peuvent réaliser plusieurs opérations successives : échange d’un token, ajout de liquidité, collecte de frais et rééquilibrage. Le coût et la qualité d’exécution du réseau comptent donc autant que les fonctionnalités affichées par l’application.
Pour replacer ce DEX dans son environnement, consultez l’article sur le fonctionnement de l’écosystème Solana. Il permet de comprendre comment les applications, les actifs et les usages s’articulent autour de la même blockchain.
| Élément | Fonction | Exposition principale |
|---|---|---|
| Solana / SOL | Réseau et actif natif utilisé pour ses frais. | Évolution de la blockchain et de son écosystème. |
| Raydium | Protocole d’échange et de liquidité. | Utilisation des services et risques des programmes. |
| Token RAY | Actif natif du protocole. | Offre, demande, rachats et valorisation de marché. |
| LaunchLab | Infrastructure de lancement de tokens. | Activité des lancements et risques des actifs créés. |
Comment fonctionnent les échanges et les pools de liquidité ?
Un pool de liquidité contient des actifs que les utilisateurs peuvent échanger selon les règles du programme. Les fournisseurs de liquidité déposent des tokens et participent aux frais générés par les transactions.
Les pools à produit constant
Le modèle CPMM utilise une relation à produit constant entre les réserves des deux actifs. Un achat modifie leur équilibre et donc le prix proposé. Plus une transaction est importante par rapport à la liquidité disponible, plus son impact sur le prix peut devenir élevé.
Le programme CPMM, présenté comme le Standard AMM dans l’interface, ne dépend pas d’un carnet OpenBook. C’est un point utile pour éviter les descriptions anciennes qui présentent encore systématiquement le protocole comme une infrastructure hybride liée à un carnet d’ordres.
Source : documentation des pools CPMM.
Les pools à liquidité concentrée
Avec le modèle CLMM, le fournisseur choisit une plage de prix dans laquelle sa liquidité est active. Une concentration autour des prix effectivement négociés peut améliorer l’efficacité du capital, mais nécessite de surveiller la position.
Lorsque le cours sort de cette plage, la position ne participe plus aux échanges et ne gagne plus de frais de trading tant qu’elle reste hors plage. Elle peut aussi se retrouver composée d’un seul des deux actifs.
Source : fonctionnement de la liquidité concentrée.
Fournir de la liquidité ne revient pas à placer un dépôt garanti
Les revenus dépendent des échanges, de la part de liquidité engagée et, pour une position concentrée, de sa plage. La composition du dépôt évolue avec les transactions. Le résultat doit être comparé à celui d’une simple détention des mêmes actifs : c’est notamment l’enjeu de la perte impermanente.
Un taux annualisé affiché sur une période d’activité intense ne suffit donc pas à évaluer une stratégie. Il faut tenir compte de la variation des actifs, des frais perçus, des récompenses éventuelles et des coûts de gestion.
Source : gestion des positions et collecte des récompenses.
À quoi sert le token RAY ?
Le token RAY est l’actif SPL natif de Raydium sur Solana. La documentation indique une offre maximale de 555 millions de RAY. Il est notamment associé au staking, à des pools de liquidité et aux rachats financés par des frais du protocole.
Il n’est pas nécessaire de posséder ce token pour effectuer un swap ou fournir de la liquidité. Son analyse ne peut donc pas reposer sur l’idée que chaque nouvel utilisateur serait obligé d’en acheter.
Une offre maximale ne signifie pas non plus que tous les tokens circulent déjà. L’analyse doit distinguer le plafond, la quantité en circulation et les réserves susceptibles d’alimenter des récompenses. Ces éléments influencent les ventes potentielles et la valorisation pleinement diluée.
Enfin, détenir cet actif ne revient pas à posséder une action assortie d’un droit général sur les bénéfices. Les mécanismes effectivement accessibles doivent être vérifiés séparément, notamment pour le staking.
Comment fonctionnent les rachats de RAY ?
La documentation officielle indique que 12 % des frais de trading de Raydium servent à racheter du RAY. Ce pourcentage porte sur les frais facturés, et non sur le montant total échangé. Les tokens rachetés sont détenus par le protocole à une adresse publique.
Exemple : avec une transaction de 1 000 USDC et un taux de frais hypothétique de 0,25 %, les frais atteignent 2,50 USDC. Une allocation de 12 % représente alors 0,30 USDC pour les rachats. Le taux de 0,25 % utilisé ici n’est pas universel pour tous les pools.
Ce mécanisme crée une demande liée à l’activité. Il doit néanmoins être confronté à l’offre disponible et aux ventes du marché. Un rachat ne garantit ni une hausse du cours, ni un versement aux détenteurs, ni une destruction des tokens acquis.
LaunchLab : quel rôle dans les lancements de tokens ?
LaunchLab est l’infrastructure de lancement de tokens de Raydium. Elle organise une première phase d’achats et de ventes sur une courbe de prix, appelée bonding curve, puis une migration vers un pool lorsque le seuil prévu est atteint.
La courbe détermine le prix suivant ses paramètres et l’évolution des achats et ventes. La liquidité collectée contribue ensuite à alimenter le pool. Cette transition relie le lancement initial à un marché d’échange accessible après la migration.
La documentation consultée indique que les nouveaux lancements utilisent désormais une migration vers CPMM. Les paramètres du lancement et de la plateforme restent importants : il ne faut pas appliquer les mêmes hypothèses à tous les tokens.
Une infrastructure ouverte ne sélectionne pas les meilleurs projets
LaunchLab est permissionless : la documentation précise qu’il n’existe pas de processus de sélection des projets. Un nom convaincant, un logo ou une présence dans l’interface ne prouvent donc ni l’identité de l’équipe ni l’intérêt économique du token.
L’investisseur doit vérifier l’adresse du token, la distribution entre détenteurs et les informations publiées par le projet. L’existence d’une courbe de prix explique une mécanique de marché ; elle ne démontre pas une utilité durable.
De même, une migration réussie vers un pool signifie qu’une étape technique a été franchie. Elle ne garantit pas une liquidité suffisante pour revendre une position importante dans de bonnes conditions.
Actualité Raydium : quels changements surveiller ?
Au 7 octobre 2026, l’angle d’actualité concerne les évolutions de LaunchLab et des frais des pools CPMM. Leur intérêt est d’examiner comment l’infrastructure de lancement et le modèle économique du protocole évoluent.
Une évolution des migrations LaunchLab
La documentation décrit une mise à jour du 17 août 2026 concernant le verrouillage des parts de liquidité de la plateforme et du créateur lors des futures migrations. Cette évolution doit être lue avec les règles propres à chaque lancement ; elle ne constitue pas une protection universelle contre les pertes ou les manipulations.
Un changement dans la collecte des frais des créateurs
La documentation CPMM indique que, depuis le 19 septembre 2026, une part configurable des frais accumulés pour le créateur peut être dirigée vers le protocole lors de leur collecte. Ce mécanisme porte sur une catégorie de frais distincte des frais de trading : il ne faut pas le confondre avec l’allocation de 12 % aux rachats.
Sources : migrations LaunchLab et répartition des frais CPMM.
Notre lecture : ces évolutions rendent utile le suivi des revenus effectivement collectés. Une règle de frais supplémentaire ne permet pas, à elle seule, de conclure à une croissance des recettes : le résultat dépend aussi de l’utilisation des pools et des paramètres appliqués.
Raydium et Jupiter : quelle différence ?
Raydium fournit notamment des pools de liquidité ; l’agrégation de swaps de Jupiter recherche des routes d’échange entre plusieurs sources. Une opération initiée depuis une autre interface peut ainsi utiliser un pool du protocole.
Cette distinction aide à lire les données de marché. L’application depuis laquelle un utilisateur signe n’est pas nécessairement celle qui fournit toute la liquidité. Inversement, le volume d’un agrégateur ne doit pas être attribué intégralement à une seule source.
Pour comparer les infrastructures, la bonne question est donc : quelle liquidité est effectivement utilisée, à quel coût et avec quels revenus ? Le nombre de visites d’une interface raconte une autre partie de l’activité.
Quels indicateurs suivre pour analyser Raydium ?
Notre grille d’analyse privilégie la profondeur de liquidité, les frais, les rachats et leur régularité. Le cours reste pertinent, mais ne décrit pas à lui seul l’état économique du protocole.
| Indicateur | Question utile | Limite à garder en tête |
|---|---|---|
| Volume de trading | L’activité persiste-t-elle sur plusieurs semaines ? | Un pic bref ne suffit pas à démontrer une demande durable. |
| Liquidité | Quelle taille d’ordre peut être exécutée correctement ? | La valeur totale déposée ne décrit pas chaque paire. |
| Frais et revenus | Quelle part revient réellement au protocole ? | Les frais bruts ne sont pas tous des revenus conservés. |
| Rachats | Quels achats sont vérifiables sur la blockchain ? | Un montant élevé sur une journée peut être exceptionnel. |
| Offre de RAY | Quels tokens peuvent encore entrer en circulation ? | Le plafond d’offre ne supprime pas les ventes. |
| LaunchLab | Les marchés restent-ils actifs après les lancements ? | Le nombre de créations ne mesure pas leur qualité. |
Pour suivre ces données, il faut conserver les mêmes définitions d’une période à l’autre. Comparer des volumes journaliers à des revenus mensuels, ou additionner des catégories qui se recouvrent, peut donner une impression trompeuse de progression.
Un tableau de bord utile distingue aussi les faits des interprétations. « Les frais ont augmenté » est une observation chiffrée ; « cette croissance sera durable » est une hypothèse qui demande plusieurs périodes de confirmation.
Quels sont les risques liés à Raydium ?
Les risques dépendent de l’usage : détenir RAY, échanger un token et fournir de la liquidité exposent à des problèmes différents. La disponibilité d’une application ne permet pas de traiter ces opérations comme équivalentes.
Programmes, droits d’administration et audits
La documentation publie des audits par programme. Un rapport doit être rapproché de sa date, de son périmètre et de la version examinée. Il ne garantit pas l’absence de vulnérabilité, notamment après une évolution du programme.
Le protocole a également connu un incident en décembre 2022 impliquant une compromission de clé d’autorité de pools. Cet historique rappelle que la sécurité inclut la gestion des accès, au-delà du seul code.
Source : audits et incidents documentés.
Slippage et impact sur le prix
L’impact sur le prix provient notamment de la taille de l’ordre face à la liquidité. Le slippage désigne l’écart toléré entre le devis et l’exécution. Augmenter cette tolérance ne crée pas de liquidité supplémentaire et peut autoriser une exécution moins favorable.
Avant de signer, il faut lire le montant minimal reçu, les frais et l’impact estimé. Le faible coût d’une transaction réseau ne compense pas une mauvaise exécution sur un pool peu profond.
Faux tokens et interfaces frauduleuses
Un ticker et un logo peuvent être copiés. L’adresse du token et le domaine de l’application doivent être vérifiés. Aucun support légitime ne doit demander la phrase de récupération d’un portefeuille.
Connecter un wallet et signer une transaction sont deux actions différentes : la signature doit être examinée avant validation. Une page qui imite une interface connue peut demander une opération sans rapport avec le service attendu.
Quel avenir pour Raydium et le token RAY ?
L’avenir de Raydium dépend de la capacité du protocole à maintenir une liquidité utile et une activité régulière. Pour le token RAY, il faut ajouter la valorisation de départ, l’évolution de l’offre et la demande du marché.
Notre scénario favorable serait une activité moins concentrée sur quelques lancements spéculatifs, avec des échanges réguliers, des pools profonds et des rachats observables dans la durée. Cette combinaison renforcerait la lecture économique du protocole sans rendre son token prévisible.
Un scénario plus fragile serait celui de pics de volume suivis de longues périodes de ralentissement. Des revenus très sensibles à l’attention du marché rendent plus difficile l’extrapolation d’une journée exceptionnelle à une année complète.
Enfin, la concurrence peut modifier les routes d’échange et les conditions offertes aux fournisseurs de liquidité. Pour apprécier la position du DEX Solana, il faut regarder ce que les utilisateurs obtiennent concrètement : prix d’exécution, profondeur et facilité d’utilisation.
FAQ sur Raydium, RAY et LaunchLab

Raydium et Solana sont-ils le même projet ?
Non. Solana est la blockchain sur laquelle le protocole fonctionne. SOL est l’actif natif du réseau et RAY celui du protocole d’échange.
Faut-il acheter RAY pour utiliser Raydium ?
Non. RAY n’est pas nécessaire pour effectuer un swap ou fournir de la liquidité. Il faut en revanche disposer des actifs concernés et de SOL pour les frais du réseau.
Quelle est l’offre maximale du token RAY ?
La documentation officielle indique un maximum de 555 millions de tokens. Ce plafond doit être distingué de l’offre en circulation.
Les rachats de RAY sont-ils des dividendes ?
Non. Le protocole utilise une partie des frais pour acheter des tokens. Cette opération ne constitue pas un versement automatique aux détenteurs.
Un token lancé sur LaunchLab est-il approuvé par Raydium ?
Non. L’infrastructure est ouverte et ne comporte pas de processus de sélection des projets. Chaque token doit faire l’objet d’une recherche indépendante.
Une position à liquidité concentrée rapporte-t-elle hors de sa plage ?
Elle ne génère plus de frais de trading lorsqu’elle est hors de sa plage. Sa composition et son exposition doivent alors être réévaluées.
Peut-on perdre de l’argent malgré les frais gagnés ?
Oui. Les frais ne garantissent pas qu’ils compenseront la variation des actifs, la perte impermanente ou un incident technique.
Conclusion : une infrastructure à analyser au-delà du cours
Raydium permet d’étudier le lien entre échanges, liquidité et lancements de tokens sur Solana. LaunchLab et les rachats de RAY donnent des mécanismes concrets à examiner, à condition de distinguer activité du protocole et performance de son token.
La question centrale reste la durabilité : les utilisateurs continuent-ils à échanger, la liquidité reste-t-elle disponible et les revenus se maintiennent-ils lorsque l’attention spéculative retombe ? Ce sont ces observations qui permettent de construire une analyse plus solide qu’une anticipation de prix isolée.
Comprendre la blockchain derrière Raydium
Les échanges et les lancements de tokens s’inscrivent dans un écosystème plus vaste. Découvrez le rôle du réseau, ses applications et les usages de sa finance décentralisée.
Avertissement : cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les cryptomonnaies et les positions DeFi peuvent entraîner une perte partielle ou totale du capital.

Trader, investisseur et auteur spécialisé dans les cryptomonnaies, la DeFi et le Web3.
Je partage sur Mediasnet mes analyses, guides pratiques et recherches sur les marchés crypto, les protocoles décentralisés et les nouvelles tendances de l’écosystème.
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