
Lancer son token sur un DEX est une étape primordiale, mais souvent sous-estimée lorsqu’on pense à créer son propre token. Créer le smart contract ERC-20 ne suffit pas : pour qu’un token puisse réellement être acheté et vendu, il faut encore lui créer un marché et lui apporter de la liquidité.
C’est précisément le rôle d’une pool de liquidité. Elle permet de rendre le token échangeable contre un autre actif, mais participe également à la détermination de son prix initial et à son évolution au fil des achats et des ventes.
Dans ce guide, je vais vous montrer concrètement comment lancer son token sur un DEX, comment créer une pool de liquidité, déterminer le prix de départ d’un nouveau token et comprendre ce qui se produit lorsque les premiers utilisateurs commencent à l’acheter ou à le vendre.
Je reprendrai le token fictif MediasToken (MEDIAS) créé dans mon premier tutoriel. Nous disposons de 1 000 000 MEDIAS : voyons maintenant comment transformer ce simple ERC-20 en un token réellement échangeable sur un marché décentralisé.
Vous n’avez pas encore créé votre token ?

Ce guide commence là où mon premier tutoriel s’arrête. Si vous ne possédez pas encore votre ERC-20, commencez par apprendre à créer le smart contract, le compiler, le tester et le déployer.
→ Comment créer son propre token ERC-20 ? Guide étape par étape
Lancer son token sur un DEX : qu’est-ce que cela signifie ?
Lancer son token sur un DEX consiste à créer un marché permettant aux utilisateurs d’échanger ce token contre un autre actif crypto.
DEX signifie Decentralized Exchange, ou plateforme d’échange décentralisée. Contrairement à une plateforme centralisée, un DEX permet d’effectuer des échanges directement à travers des smart contracts.
Pour notre MediasToken, le simple fait d’avoir déployé le contrat ERC-20 ne crée donc pas automatiquement un marché.
À ce stade, je possède bien :
- un smart contract ;
- une adresse de contrat ;
- un token nommé MediasToken ;
- le symbole MEDIAS ;
- une offre totale de 1 000 000 MEDIAS.
Mais il manque encore quelque chose d’essentiel : un endroit où MEDIAS peut être échangé contre un autre actif.
C’est ici qu’intervient la pool de liquidité.
Qu’est-ce qu’une pool de liquidité ?
Une pool de liquidité est une réserve de deux actifs utilisée par un protocole décentralisé pour permettre leurs échanges.
Pour créer une pool de liquidité pour MEDIAS, je dois donc choisir un second actif.
Je pourrais par exemple créer une paire :
- MEDIAS / ETH ;
- MEDIAS / USDC ;
- MEDIAS / USDT.
Pour ce tutoriel, je vais volontairement utiliser MEDIAS / USDC.
Pourquoi ? Parce que l’utilisation d’un stablecoin rend les calculs beaucoup plus simples à comprendre. Si j’utilisais ETH, il faudrait constamment tenir compte du prix de l’Ether pour convertir la valeur de MEDIAS en dollars.
Avec l’USDC, le raisonnement devient immédiatement plus lisible.
Notre exemple : 1 000 000 MEDIAS, dont 100 000 dans la pool
Avant d’aller plus loin, je vais fixer un scénario unique que je conserverai pendant tout le guide.
Dans le premier article, nous avons créé :
1 000 000 MEDIAS
Il s’agit de l’offre totale du token.
Mais créer une pool de liquidité ne signifie pas que je dois y déposer la totalité de mes tokens.
Pour notre exemple, je décide d’utiliser :
Offre totale : 1 000 000 MEDIAS
MEDIAS placés dans la pool : 100 000 MEDIAS
USDC placés dans la pool : 10 000 USDC
MEDIAS restant hors de la pool : 900 000 MEDIAS
Je place donc 10 % de l’offre totale de MEDIAS dans la pool de liquidité initiale.
Les 900 000 MEDIAS restants n’ont pas disparu. Ils existent toujours dans mon portefeuille, mais ils ne font simplement pas partie de cette pool.
| Élément | Quantité | Rôle |
|---|---|---|
| Offre totale | 1 000 000 MEDIAS | Tous les tokens créés |
| MEDIAS dans la pool | 100 000 MEDIAS | Liquidité initiale côté MEDIAS |
| USDC dans la pool | 10 000 USDC | Liquidité initiale côté USDC |
| MEDIAS hors de la pool | 900 000 MEDIAS | Tokens non déposés dans cette pool |
Comment fixer le prix initial de son token ?
Voici l’un des points les plus intéressants lorsqu’on souhaite lancer son token sur un DEX : comment le marché sait-il combien vaut MEDIAS ?
Au départ, le prix découle notamment du rapport entre les actifs que j’apporte à la pool.
Dans notre exemple, je dépose :
100 000 MEDIAS
+
10 000 USDC
Le calcul est très simple :
10 000 USDC ÷ 100 000 MEDIAS = 0,10 USDC
Le prix de départ de 1 MEDIAS est donc de 0,10 USDC dans notre exemple simplifié.
C’est une notion fondamentale : je ne peux pas simplement annoncer arbitrairement que MEDIAS vaut 10 dollars tout en apportant une liquidité correspondant à un rapport de 0,10 USDC par MEDIAS. Le marché et la liquidité disponible doivent être cohérents avec le prix affiché par la pool.
1 000 000 MEDIAS à 0,10 $ : le projet vaut-il 100 000 $ ?
Mathématiquement, si l’on applique le prix initial de 0,10 dollar à l’ensemble des 1 000 000 MEDIAS créés, on obtient :
1 000 000 × 0,10 $ = 100 000 $
On peut donc parler, dans cet exemple, d’une valorisation entièrement diluée théorique de 100 000 dollars.
Mais cela ne signifie absolument pas qu’il existe 100 000 dollars disponibles pour acheter les MEDIAS.
Notre pool initiale contient seulement :
100 000 MEDIAS
+
10 000 USDC
Les 900 000 MEDIAS restants sont bien valorisés théoriquement au même prix de référence, mais ils ne peuvent évidemment pas tous être vendus instantanément à 0,10 USDC.
Une vente importante modifierait les réserves de la pool et ferait évoluer fortement le prix.
Prix, valorisation et liquidité : trois notions différentes
Le prix correspond à la valeur d’échange actuelle du token. La valorisation extrapole ce prix à l’offre de tokens. La liquidité d’un token représente les actifs réellement disponibles pour permettre les échanges. Une valorisation élevée ne signifie donc pas nécessairement qu’un marché dispose d’une liquidité importante.
Pourquoi la liquidité d’un token est-elle si importante ?
La liquidité d’un token détermine en grande partie la capacité du marché à absorber des achats et des ventes sans provoquer de mouvements de prix disproportionnés.
Imaginons deux pools affichant le même prix pour MEDIAS.
La première contient seulement quelques centaines de dollars de liquidité. La seconde en contient plusieurs dizaines de milliers.
Un achat de 1 000 USDC n’aura évidemment pas le même impact dans les deux cas.
Plus la liquidité disponible est faible par rapport à la taille d’un ordre, plus le prix peut être fortement déplacé.
C’est pourquoi créer une pool de liquidité avec une somme symbolique peut suffire techniquement à faire exister un marché, mais ne suffit pas nécessairement à créer de bonnes conditions de négociation.
Comment le prix évolue-t-il après la création de la pool ?
Une fois la pool créée, le prix n’est plus figé à 0,10 USDC.
Supposons qu’un utilisateur souhaite acheter MEDIAS avec des USDC.
Lors de l’échange :
- des USDC entrent dans la pool ;
- des MEDIAS sortent de la pool.
La proportion entre les deux actifs change.
Le prix de MEDIAS augmente alors progressivement à mesure que les MEDIAS deviennent moins nombreux dans la pool par rapport aux USDC.
À l’inverse, si quelqu’un vend des MEDIAS :
- des MEDIAS entrent dans la pool ;
- des USDC en sortent ;
- le prix de MEDIAS diminue.
Voilà pourquoi le prix d’un token peut évoluer automatiquement sur un DEX sans qu’un carnet d’ordres traditionnel soit nécessaire.
Comment fonctionne un AMM ?
De nombreux DEX utilisent un mécanisme appelé Automated Market Maker, ou AMM.
Dans le modèle historique le plus simple, popularisé par les AMM à produit constant, on peut représenter le fonctionnement par la formule :
x × y = k
x représente la réserve du premier actif, y celle du second et k une valeur que le mécanisme cherche à préserver dans le cadre simplifié du modèle.
Dans notre cas :
- x correspond aux MEDIAS ;
- y correspond aux USDC.
Lorsqu’un utilisateur retire des MEDIAS en les achetant, il doit apporter des USDC. La proportion entre les réserves se modifie et le prix évolue.
Les protocoles modernes peuvent utiliser des mécanismes de liquidité plus sophistiqués, notamment de la liquidité concentrée. Il est donc préférable de comprendre ce principe comme une représentation pédagogique du fonctionnement classique d’un AMM plutôt que comme la description de toutes les architectures existantes.
Comment lancer son token sur un DEX étape par étape ?
Passons maintenant à la partie pratique. Le fonctionnement exact de l’interface varie selon le protocole utilisé, mais la logique générale reste comparable.
Préparer le token et le portefeuille
Avant de lancer son token sur un DEX, je vérifie que je dispose de :
- l’adresse officielle du smart contract MEDIAS ;
- 100 000 MEDIAS destinés à la pool ;
- 10 000 USDC dans notre scénario ;
- la cryptomonnaie native nécessaire pour payer les frais de réseau ;
- un portefeuille compatible avec le réseau utilisé.
L’adresse du smart contract est particulièrement importante. Le nom ou le symbole d’un token peut être copié. L’adresse du contrat constitue son véritable identifiant sur la blockchain.
Choisir la paire de trading
Je choisis ensuite les deux actifs qui constitueront le marché.
Pour notre tutoriel :
MEDIAS / USDC
Ce choix est important, car c’est contre cet actif que les utilisateurs pourront initialement échanger MEDIAS dans cette pool.
Déterminer le rapport initial
Avant de déposer les fonds, je vérifie une dernière fois le prix que je souhaite obtenir.
100 000 MEDIAS
10 000 USDC
Prix initial ≈ 0,10 USDC par MEDIAS
Une erreur dans le rapport initial peut aboutir à un prix très différent de celui que j’avais imaginé.
Connecter le portefeuille au DEX
Je me rends ensuite sur l’interface officielle du DEX choisi et je connecte mon portefeuille.
Je vérifie systématiquement :
- l’adresse du site ;
- le réseau sélectionné ;
- l’adresse du token ;
- les autorisations demandées par le smart contract.
Cette étape mérite de la prudence : connecter un portefeuille ou signer une autorisation sur un faux site peut exposer les actifs qu’il contient.
Autoriser l’utilisation de MEDIAS et de l’autre actif
Pour qu’un smart contract puisse utiliser un token ERC-20 détenu dans mon portefeuille, une autorisation, généralement appelée approval, est nécessaire.
Je peux donc avoir plusieurs transactions successives à signer :
- autorisation de MEDIAS ;
- éventuellement autorisation d’USDC ;
- création ou initialisation de la position de liquidité ;
- ajout effectif de la liquidité.
Le processus exact dépend du protocole et de sa version.
Créer une pool de liquidité
Je peux maintenant créer une pool de liquidité ou ajouter une position à la paire concernée, selon le fonctionnement du DEX.
Dans notre scénario pédagogique, je fournis :
100 000 MEDIAS
+
10 000 USDC
Une fois les transactions confirmées sur la blockchain, le marché MEDIAS/USDC existe.
MEDIAS peut désormais être échangé à travers cette liquidité.
Effectuer un premier test
Je ne considère pas le travail terminé simplement parce que la pool apparaît à l’écran.
J’effectue un petit échange de test avec un montant limité.
Je vérifie notamment :
- que l’achat fonctionne ;
- que le solde MEDIAS reçu est correct ;
- que le prix évolue normalement ;
- que les frais sont cohérents ;
- et surtout qu’un échange dans le sens inverse fonctionne également.
Cette dernière vérification est importante : un token sainement conçu pour être échangeable ne doit pas permettre uniquement l’achat tout en bloquant artificiellement la revente.

Créer une pool de liquidité suffit-il pour être référencé partout ?
Non. La création d’une pool rend un marché techniquement disponible, mais elle ne garantit pas que le token apparaisse immédiatement sur toutes les interfaces, agrégateurs ou sites de données crypto.
Certains services détectent automatiquement les nouvelles pools. D’autres utilisent leurs propres critères d’indexation ou demandent des informations complémentaires.
Il faut donc distinguer :
- l’existence du token ;
- l’existence d’une pool ;
- la possibilité technique de l’échanger ;
- son affichage sur une interface particulière ;
- son référencement par des services externes.
Lancer son token sur un DEX ne signifie donc pas automatiquement qu’il sera visible partout quelques minutes plus tard.
Qu’est-ce que le price impact ?
Le price impact mesure l’effet de votre propre transaction sur le prix disponible dans la pool.
Plus une transaction est importante par rapport à la liquidité du token, plus cet impact peut devenir élevé.
Avec notre pool de 100 000 MEDIAS et 10 000 USDC, un achat de quelques USDC aura relativement peu d’effet.
Un ordre représentant une part importante de la réserve en USDC aura, lui, un effet beaucoup plus marqué.
C’est une conséquence directe de la profondeur limitée du marché.
Quelle différence entre price impact et slippage ?
Ces deux notions sont souvent confondues.
Le price impact correspond à l’influence de la taille de votre transaction sur le prix de la pool.
Le slippage correspond à la différence possible entre le prix attendu au moment où vous préparez l’échange et les conditions auxquelles la transaction est effectivement exécutée.
Un marché très peu liquide peut être particulièrement sensible à ces phénomènes.
C’est une raison supplémentaire pour laquelle la liquidité d’un token est aussi importante que son prix théorique.
Peut-on créer une pool avec très peu d’argent ?
Techniquement, selon le protocole et le réseau, il est possible de créer un marché avec une liquidité relativement faible.
Mais cela ne signifie pas que ce marché sera réellement utilisable.
Une pool minuscule peut entraîner :
- un price impact très important ;
- des variations de prix extrêmes ;
- des échanges difficiles pour des montants pourtant modestes ;
- une valorisation affichée peu représentative de la profondeur réelle du marché.
Il n’existe donc pas un montant magique de liquidité convenant à tous les tokens. Il faut raisonner en fonction de la taille des transactions que le marché est censé pouvoir absorber.
Que deviennent les frais payés par les utilisateurs ?
Les DEX peuvent prélever des frais sur les swaps effectués dans leurs pools.
Selon le protocole et le type de position de liquidité utilisé, tout ou partie de ces frais peut revenir aux fournisseurs de liquidité.
C’est l’une des raisons pour lesquelles certains utilisateurs choisissent de devenir liquidity providers.
Mais fournir de la liquidité n’est pas un rendement sans risque.
Il existe notamment un risque important : l’impermanent loss.
Qu’est-ce que l’impermanent loss ?
L’impermanent loss apparaît lorsque la variation relative du prix des actifs détenus dans une pool conduit à un résultat différent de celui qui aurait été obtenu en conservant simplement les actifs dans un portefeuille.
Autrement dit, apporter MEDIAS et USDC à une pool n’est pas économiquement équivalent à conserver MEDIAS et USDC séparément.
Les achats et les ventes modifient progressivement la composition de la position de liquidité.
Les frais perçus peuvent compenser tout ou partie de cette différence, mais ce n’est jamais garanti.
Il faut donc analyser séparément :
- les frais générés ;
- l’évolution du prix des deux actifs ;
- la composition de la position ;
- les risques techniques liés au protocole.
Peut-on retirer la liquidité après avoir créé la pool ?
Dans de nombreux modèles, le fournisseur de liquidité conserve une position représentant les actifs qu’il a apportés et peut ensuite retirer tout ou partie de cette liquidité selon les règles du protocole.
Cela soulève une question importante pour les acheteurs d’un nouveau token.
Si une grande partie de la liquidité est contrôlée par une seule personne et qu’elle est soudainement retirée, le marché peut perdre une grande partie de sa capacité à absorber les ventes.
C’est notamment pour cette raison que la répartition et la gestion de la liquidité sont des éléments importants à examiner lorsqu’on évalue un nouveau projet crypto.
Qu’est-ce qu’une liquidité verrouillée ?
Certains projets choisissent de verrouiller tout ou partie de leur position de liquidité pendant une période déterminée.
L’objectif est généralement de montrer aux utilisateurs que cette liquidité ne peut pas être retirée immédiatement.
Mais une liquidité verrouillée ne constitue pas à elle seule une garantie de sérieux ou de sécurité.
Il faut également analyser :
- le smart contract du token ;
- les fonctions accessibles au propriétaire ;
- la répartition des tokens ;
- la durée et les conditions du verrouillage ;
- les éventuelles possibilités de créer de nouveaux tokens ;
- la concentration des avoirs ;
- les autres risques techniques ou économiques du projet.
Un token devient-il précieux simplement parce qu’il est sur un DEX ?
Non. Créer un token et une pool de liquidité permet de créer techniquement un marché, pas de créer automatiquement de la valeur économique.
Notre exemple l’illustre parfaitement.
Je peux créer :
1 000 000 MEDIAS
puis déposer :
100 000 MEDIAS + 10 000 USDC
et obtenir un prix initial d’environ :
0,10 USDC par MEDIAS
Cela ne signifie pas pour autant que des acheteurs souhaiteront acquérir MEDIAS à ce prix.
La création technique d’un prix est différente de la création d’une demande.
La valeur durable d’un token dépendra notamment de son utilité, de son projet, de son adoption, de sa crédibilité, de sa distribution et de l’intérêt réel du marché.
Les erreurs à éviter avant de lancer son token sur un DEX
À ce stade, plusieurs erreurs peuvent transformer une expérience pédagogique en problème coûteux.
Je recommande notamment de ne pas :
- utiliser immédiatement des montants importants ;
- copier une adresse de token sans la vérifier ;
- signer des autorisations sur un site dont l’URL n’a pas été contrôlée ;
- confondre valorisation théorique et liquidité disponible ;
- fixer un rapport initial sans comprendre le prix qu’il implique ;
- considérer la création de la pool comme une preuve que le smart contract est sécurisé ;
- négliger les tests d’achat et de vente ;
- présenter un prix initial comme s’il représentait nécessairement une valeur de marché durable.
Pour un véritable projet destiné au public, une analyse de sécurité beaucoup plus approfondie est nécessaire. Un audit professionnel du smart contract peut également devenir indispensable selon les fonctions et les sommes en jeu.
Résumé : de la création du token à son premier marché
| Étape | Notre exemple |
|---|---|
| Créer le token ERC-20 | 1 000 000 MEDIAS |
| Choisir la paire | MEDIAS / USDC |
| MEDIAS apportés | 100 000 MEDIAS |
| USDC apportés | 10 000 USDC |
| Prix initial théorique | 0,10 USDC par MEDIAS |
| Valorisation entièrement diluée théorique | 100 000 $ |
| MEDIAS hors de la pool | 900 000 MEDIAS |
| Étape finale | Tester un achat puis une vente |
FAQ : lancer son token sur un DEX
Comment lancer son token sur un DEX ?
Pour lancer son token sur un DEX, il faut disposer d’un token compatible avec le réseau choisi, sélectionner un actif avec lequel l’associer, puis créer ou rejoindre une pool de liquidité et y apporter les deux actifs nécessaires. Le processus exact varie selon le protocole.
Faut-il mettre tous ses tokens dans la pool de liquidité ?
Non. Dans notre exemple, 1 000 000 MEDIAS existent, mais seulement 100 000 MEDIAS sont déposés dans la pool. Les 900 000 MEDIAS restants existent toujours hors de cette pool.
Comment créer une pool de liquidité ?
Pour créer une pool de liquidité, il faut choisir deux actifs, déterminer leur rapport initial, connecter un portefeuille au protocole, autoriser les smart contracts concernés puis déposer les actifs. Dans notre exemple, j’utilise 100 000 MEDIAS et 10 000 USDC.
Qui décide du prix initial d’un nouveau token ?
Dans notre exemple simplifié, le prix initial résulte du rapport entre les deux actifs apportés : 100 000 MEDIAS face à 10 000 USDC correspondent à environ 0,10 USDC par MEDIAS. Le prix évolue ensuite avec les échanges et le fonctionnement du protocole.
Quelle est la différence entre valorisation et liquidité d’un token ?
La valorisation applique un prix à une quantité de tokens, tandis que la liquidité d’un token correspond aux actifs effectivement disponibles sur le marché pour faciliter les échanges. Un token peut donc afficher une valorisation importante tout en disposant de très peu de liquidité.
Peut-on lancer un token avec une petite pool ?
Cela peut être techniquement possible, mais une faible liquidité augmente généralement le price impact et rend le prix beaucoup plus sensible aux achats et aux ventes. Une pool très petite peut donc produire un marché particulièrement instable.
Créer une pool donne-t-il automatiquement de la valeur au token ?
Non. Une pool crée un mécanisme d’échange et permet l’existence d’un prix de marché. Elle ne crée ni demande, ni adoption, ni utilité économique à elle seule.
Conclusion : créer le token n’était que la première étape
Dans mon premier guide, je vous ai montré comment créer son propre token ERC-20, du smart contract jusqu’au déploiement.
Dans ce deuxième tutoriel, nous avons franchi l’étape suivante : lancer son token sur un DEX et créer une pool de liquidité.
Avec notre exemple unique, le fonctionnement devient beaucoup plus facile à visualiser :
1 000 000 MEDIAS créés
↓
100 000 MEDIAS destinés à la pool
+
10 000 USDC
↓
Prix initial ≈ 0,10 USDC par MEDIAS
↓
Les achats et les ventes modifient ensuite
les réserves et font évoluer le prix.
Mais c’est probablement la distinction entre prix, valorisation et liquidité d’un token qui est la plus importante à retenir.
Créer 1 000 000 de tokens et leur donner un prix initial de 0,10 dollar peut faire apparaître une valorisation théorique de 100 000 dollars. Cela ne signifie pas que 100 000 dollars de liquidité existent, ni que tous les tokens pourraient être vendus à ce prix.
C’est justement tout l’intérêt de cette expérience : en créant d’abord un ERC-20 puis en étudiant le fonctionnement de sa pool, on comprend beaucoup mieux ce qui se cache derrière le prix et la valorisation des milliers de tokens que l’on retrouve sur les marchés crypto.
Avertissement
Ce guide a une vocation pédagogique. La création et le lancement d’un token impliquent des risques techniques, économiques et éventuellement réglementaires. Avant d’utiliser des fonds importants ou de proposer un token au public, il est nécessaire d’étudier les règles applicables dans votre juridiction et de faire auditer les smart contracts lorsque le projet le justifie.
Sources et documentation
Pour rédiger ce guide, je me suis notamment appuyé sur la documentation officielle d’Ethereum et d’Uniswap concernant les échanges décentralisés, les Automated Market Makers (AMM) et les pools de liquidité.
→ Ethereum.org :
comprendre la finance décentralisée (DeFi) et les DEX
→ Ethereum.org :
Uniswap et le fonctionnement d’un protocole de liquidité automatisé
→ Uniswap Docs :
documentation officielle sur les pools, swaps et fournisseurs de liquidité

Trader, investisseur et auteur spécialisé dans les cryptomonnaies, la DeFi et le Web3.
Je partage sur Mediasnet mes analyses, guides pratiques et recherches sur les marchés crypto, les protocoles décentralisés et les nouvelles tendances de l’écosystème.
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