Que feriez-vous s’il ne vous restait plus que six mois à vivre ?

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Que feriez-vous s’il ne vous restait plus que six mois à vivre ? Voici l’extrait du roman de Francia Place ainsi que l’accès direct au livre.

Pour commencer, voici quelques mots concernant l’auteure.

Francia Place vit entourée de montagnes (et d’un peu de civilisation). Lithothérapeute, elle aime l’écriture, la lecture, la nature, les voyages, les minéraux, la légèreté et l’humour.

Que feriez-vous s’il ne vous restait plus que six mois à vivre ?

C’est la question que se pose Savannah quand elle apprend cette terrible nouvelle : que faire de ces six derniers mois ? Vivre à fond ou mourir tout de suite ? Elle n’en a aucune idée…

Voici un extrait du roman de Francia Place, Le temps qu’il nous reste:

Je n’ai plus de souffle depuis de longues minutes, déjà. C’est la troisième fois si j’ai bien compté que le médecin me répète ça. Je suis désolé. S’il savait comme moi aussi.

Enfin, non, je ne sais même pas si je suis désolée. Ce que je sais, c’est que je ne comprends pas  très bien. Ou trop bien. Quoi qu’il en soit, je reste là, muette, sans parvenir ä respirer. Mon cour bat trop vite et mes oreilles bourdonnent.

J’aimerais qu’on rembobine un peu pour que j’aie le temps d’assimiler ce qu’il vient de me dire. Pour que j’aie le temps de m’y préparer.
Parce que le choc est rude. Les mots tournoient dans mon esprit. Six mois. Suivi psychologique. Suivi de la douleur. Je fixe l’homme en blouse blanche qui m’observe par-dessus ses lunettes d’un regard trop professionnel pour être compatissant, sans réussir bouger d’un millimètre. Mon corps ne m’obéit plus. J’ignore ce que j’attends, la consultation est terminée. Les secondes s’égrènent, insensibles à ce que je suis en train de vivre. De subir. Le temps file sans se soucier de moi.

Six mois à vivre. II ne me reste que six mois å vivre. Si j’avais la force d’esquisser un geste, je mettrais immédiatement un chronomètre en route pour être certaine de savoir où j’en suis, de ces six mois. Pour être certaine de savoir précisément le nombre de jours, d’heures, de minutes — et même de secondes que je possède avant de rendre l’âme.

Mais c’est au mieux, il a dit. Six mois dans le meilleur des cas. Des milliers de pensées se battent dans mon esprit, chaos le plus total et en même temps, c’est le vide complet. Le bug.
La machine refuse d’avancer. C’est étrange comme sensation, vouloir en savoir plus, vouloir demander des précisions et ne rien avoir à dire, ne pas savoir quoi dire. J’ai envie de le questionner pourtant, d’implorer je ne sais quoi, de le supplier de changer son diagnostic, de lui affirmer que non, il se trompe. La science n’est pas infaillible, n’est-ce pas ? Mais je n’ai pas la volonté d’insister. Cependant, je trouve enfin celle de me lever. qa y est, je reprends vie — si je puis dire. Est-on en vie lorsqu’on apprend qu’il ne nous reste que quelques semaines à vivre ?

J’enfile ma veste, passe mon sac en bandoulière, essaie de remercier celui qui vient de m’annoncer cette nouvelle, mais ma gorge est trop sèche pour que j’y parvienne. Et puis ce serait ironique non, de le remercier ? II vient de faire apparaitre une épée de Damoclès au- dessus de ma tête, la pointe de la lame à quelques centimètres seulement de mon crane, je ne crois pas avoir très envie de lui dire merci.

Je me sens fatiguée. Si lasse. Je fais grincer la chaise sur le parquet pour la remettre bien en face du bureau et tourne les talons. Mais au moment où je m’apprête à sortir de la pièce, sa voix résonne.

Vous n’avez pas payé la consultation.
Oh, pardon, m’entends-je prononcer en faisant demi-tour…

En savoir plus sur le livre:

Le temps qu’il nous reste est disponible soit au format papier, soit au format numérique.

Accès direct ici


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