Critique de L’Écarlate de Venise

4.93 (758 votes)

Critique de L’Écarlate de Venise de Maria Luisa Minarelli. Accès également direct aux avis et commentaires des lecteurs ainsi qu’au livre.

Avec ce roman, vous allez plonger immédiatement dans une enquête prenante et captivante!

Mais passons tout de suite à la critique de l’Écarlate de Venise.

Il faut tout d’abord dire que la plume de l’auteure est fluide et addictive. Les détails qu’elle donne concernant les institutions vénitiennes ou encore le quotidien des vénitiens, nous plongent en plein coeur de son histoire et on se croirait vraiment au XVIIIe siècle.

L’histoire est très bien menée, l’auteur sème son récit d’indices qui nous envoient dans toutes les directions. Il est alors très difficile de trouver l’assassin. Enfin, la résolution de l’enquête se fait de manière très naturelle, les derniers indices nous permettant de comprendre petit à petit qui est réellement l’assassin.

Parlons un peu des personnages, j’ai beaucoup apprécié Pisani et son ami l’avocat Zen. Pisani est quelqu’un de très intelligent, qui révolutionne les techniques d’investigations et d’interrogatoires de son temps et qui se pose sans des question c’est un peu le Sherlock de son temps. Vous pourrez également apprécier le personnage de Nani, le gondolier de Marco Pisani, il apporte une touche de fraîcheur au récit, par sa joie de vivre, son insouciance et son insolence face à son patron mais aussi par sa vivacité d’esprit.

Il est également intéressant de souligner l’intérêt historique de ce récit. L’auteure met parfaitement en lumière la société vénitienne de l’époque, avec ses classes sociales ainsi que les liens qui les unissent ou au contraire les tiennent éloignées les unes des autres et sans oublier le “bon” fonctionnement de la Justice.

Extrait:

Pour son plus grand malheur, le jeune Tommaso Grassino, dit Maso, venait de trébucher sur la première victime assassinée.

C’était au début du mois de décembre, lors d’une de ces nuits glaciales proprement vénitiennes, quand l’eau des canaux semble se sublimer en gouttelettes, puis flotter le long des calli et tremper les vêtements des passants. Il faisait encore sombre quand Maso avait quitté à regret la tiédeur de son lit dans la maison de ses parents derrière le Campo San Polo. Mains dans les poches, il suivait dans la pénombre la rue du Ravano, en direction du pont du Rialto. Il se rendait à l’atelier de tissage de la soie de Calle Venier où il était apprenti, en plein coeur du sestier de Cannaregio.

Il n’y avait encore presque personne dehors, hormis un boulanger emmitouflé dans sa cape qui rentrait chez lui après le travail et quelques patriciens un peu ivres au terme d’une nuit passée au Casin dei Nobili, la maison de jeu du Campo San Barnaba qui se déployait à proximité…

Accès direct aux votes et avis ainsi qu’au roman de Maria Luisa Minarelli